soldats romains

La bataille romaine de Lugdunum

La bataille de Lugdunum, également appelée bataille de Lyon, s’est déroulée le 19 février 197 à Lugdunum (aujourd’hui Lyon, France), entre les armées de l’empereur romain Septime Sévère et de l’usurpateur romain Clodius Albinus. La victoire de Sévère l’établit finalement comme l’unique empereur de l’Empire romain.

On dit que cette bataille est le plus grand, le plus dur et le plus sanglant de tous les affrontements entre les forces romaines. L’historien Cassius Dio estime à 300 000 le nombre de personnes impliquées, soit 150 000 de chaque côté de la bataille. Ce chiffre a été contesté, car il représente environ les trois quarts du nombre total de soldats présents dans l’Empire romain à cette époque. Cependant, il est largement admis que le nombre total de soldats et de personnel de soutien impliqués a dépassé les 100 000, et pourrait bien s’approcher de la moitié du chiffre de 300 000 donné par Dio.

Contexte du conflit

Après l’assassinat de l’empereur Pertinax (193), une lutte s’est engagée pour la succession au trône, l’année dite des cinq empereurs. Le nouvel empereur autoproclamé à Rome, Didius Julianus, doit faire face au commandant des légions pannoniennes, Septime Sévère. Avant de partir pour Rome, Sévère s’est allié avec le puissant commandant des légions de Britannia, Clodius Albinus, le reconnaissant comme César. Après avoir éliminé Didius (193), puis vaincu le gouverneur de Syrie, Pescennius Niger (194), Sévère lance une campagne fructueuse en Orient en 195. Sévère tente alors de légitimer son pouvoir, en se liant à Marc-Aurèle et en élevant son propre fils au rang de César. Ce dernier acte brise l’alliance de Sévère avec Albinus, qui est déclaré ennemi public par le Sénat.

Révolte et mouvements préliminaires

En 196, après avoir été acclamé comme empereur par ses troupes, Clodius Albinus emmène 40 000 hommes en trois légions de la Bretagne à la Gaule. Après avoir rassemblé des forces supplémentaires, il établit son quartier général à Lugdunum. Il y est rejoint par Lucius Novius Rufus, le gouverneur d’Hispania Tarraconensis, et par la Legio VII Gemina sous son commandement. Mais Severus avait à ses côtés les puissantes légions danoises et allemandes. Pour tenter de minimiser cet avantage et éventuellement gagner leur soutien, Albinus frappa d’abord contre les forces allemandes sous le commandement de Virius Lupus. Il les a vaincus, mais pas de manière assez décisive pour remettre en cause leur allégeance à Severus. Albinus envisage alors d’envahir l’Italie, mais Severus s’y est préparé en renforçant les garnisons des cols alpins. Ne voulant pas risquer les pertes ou le retard que le forçage des cols entraînerait, Albinus fut dissuadé.

Durant l’hiver 196-197, Severus rassembla ses forces le long du Danube et marcha jusqu’en Gaule où, à sa grande surprise, il découvrit que les forces d’Albinus étaient à peu près de la même taille que les siennes. Les deux armées s’affrontent d’abord à Tinurtium (Tournus), où Severus a le meilleur jour mais ne peut obtenir la victoire décisive dont il a besoin.

Les faits

L’armée d’Albinus se replia sur Lugdunum ; Severus suivit, et le 19 février 197, la bataille massive et finalement décisive commença enfin. Les détails exacts sont aussi vagues que les chiffres exacts impliqués. Cependant, nous savons que les deux camps étaient à peu près à égalité et que ce fut donc une affaire sanglante et interminable qui dura plus de deux jours (il était rare que les batailles de cette époque durent plus de quelques heures). Le vent a tourné à plusieurs reprises au cours de la bataille, et l’issue de celle-ci est restée incertaine. Il semble que Severus avait l’avantage de la cavalerie, ce qui fit basculer la bataille en sa faveur pour la dernière fois. Épuisée et ensanglantée, l’armée d’Albinus fut écrasée.

Conséquences de cette guerre

La cause exacte de la mort d’Albinus n’est pas claire. Il s’est enfui à Lugdunum où, selon la tradition romaine, soit il a « couru sur son épée » après avoir trouvé toutes les issues de secours coupées, soit il a été achevé par la lame d’un assassin. Severus a fait dépouiller le corps d’Albinus et l’a décapité. Il a chevauché le cadavre sans tête avec son cheval devant ses troupes victorieuses. La tête, il la renvoya à Rome en guise d’avertissement avec les chefs de famille d’Albinus. À Lugdunum même, Septime remodèle le sanctuaire de culte impérial pour célébrer sa domination et humilier les partisans provinciaux d’Albinus. Selon Duncan Fishwick, les rites impériaux réformés à Lugdunum ressemblaient à ceux que l’on doit à un maître de ses esclaves. À un moment donné après cette bataille, la province romaine unifiée de Grande-Bretagne a été divisée en deux moitiés, supérieure et inférieure (latin : Britannia Superior & Inferior). Les forces romaines en Britannia étaient également très affaiblies, ce qui allait entraîner des incursions, des soulèvements et un retrait de Rome du mur Antonin vers le sud jusqu’au mur d’Hadrien. C’est en réprimant l’un de ces soulèvements que Sévère mourra lui-même près d’Eboracum le 4 février 211, quelques semaines seulement avant le 14e anniversaire de sa victoire à Lugdunum.

Mur d'Hadrien en Angleterre
Mur d’Hadrien en Angleterre

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Passionné d'histoire, la ville de Lyon me fascine à la fois pour son patrimoine exceptionnel mais aussi par son atmosphère si unique qui règne dans ses différents quartiers.

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