vieux-lyon

Ce coin de Lyon que les touristes adorent… mais que les Lyonnais évitent de plus en plus

Partager cet article :

C’est l’un des quartiers les plus photographiés de Lyon. Ses ruelles pavées, ses façades Renaissance, ses bouchons, ses traboules et ses petites boutiques attirent chaque année des visiteurs venus du monde entier. Mais derrière la carte postale, une petite lassitude s’installe chez certains habitants : le Vieux Lyon, autrefois quartier de promenade et de vie locale, ressemble parfois davantage à un décor touristique qu’à un vrai morceau de ville.

Il faut dire que le Vieux Lyon coche toutes les cases du lieu incontournable. On y vient pour flâner rue Saint-Jean, pousser la porte d’une traboule, monter vers Fourvière, manger dans un bouchon ou simplement prendre une photo entre deux façades ocres. Le quartier concentre une grande partie de l’imaginaire lyonnais. Et ce succès ne sort pas de nulle part : Lyon a accueilli plus de 9 millions de visiteurs en 2023, et les traboules figurent parmi les curiosités les plus recherchées par les touristes.

Le problème, c’est que ce charme a un prix. Le week-end, pendant les vacances ou lors des grands événements, certaines rues deviennent difficiles à traverser tranquillement. Les groupes guidés se succèdent, les appareils photo se lèvent, les terrasses se remplissent, les files d’attente s’allongent devant les glaciers et les restaurants. Pour un visiteur, c’est vivant. Pour un habitant, cela peut vite devenir fatigant.

Les traboules cristallisent particulièrement cette tension. Lyon en compterait environ 500 dans plus de 230 rues, dont près de 200 dans le Vieux Lyon, mais seules une cinquantaine sont réellement ouvertes au public. Résultat : les mêmes passages concentrent une bonne partie des visites. Ces lieux, autrefois discrets, deviennent parfois des couloirs de passage permanent. Certains riverains se plaignent du bruit, du manque de respect ou de la sensation de vivre dans un décor ouvert en continu.

Il ne faut pas pour autant tomber dans la caricature. Le Vieux Lyon reste magnifique. C’est même l’un des rares endroits où l’on peut sentir aussi fortement l’histoire de la ville en quelques minutes de marche. Mais beaucoup de Lyonnais préfèrent désormais l’éviter aux heures les plus fréquentées. Ils y passent tôt le matin, en semaine, ou en soirée quand les groupes se dispersent. Sinon, ils filent plutôt vers les pentes de la Croix-Rousse, les quais de Saône, Ainay, les Brotteaux ou des coins plus calmes de la Presqu’île.

La vraie question n’est donc pas de savoir s’il faut fuir le Vieux Lyon. La vraie question est plutôt : comment continuer à l’aimer sans l’étouffer ? Visiter ce quartier autrement, c’est possible. En évitant les heures de pointe, en respectant les habitants, en ne forçant pas les portes fermées, en privilégiant les commerces vraiment locaux et en acceptant de sortir de la rue Saint-Jean.

Car le Vieux Lyon n’est pas un musée à ciel ouvert. C’est encore un quartier habité. Et c’est peut-être justement ce détail que les touristes oublient parfois… mais que les Lyonnais, eux, n’oublient jamais.

Partager cet article :

A propos de l'auteur

Passionné d'histoire, la ville de Lyon me fascine à la fois pour son patrimoine exceptionnel mais aussi par son atmosphère si unique qui règne dans ses différents quartiers.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *