Une odeur de bois brûlé, un ciel inhabituellement voilé, mais aucun incendie majeur signalé à proximité : dimanche 26 juillet, de nombreux Lyonnais se sont demandé ce qui se passait. L’explication se trouvait à plusieurs centaines de kilomètres. Les fumées des gigantesques incendies de Gironde et des Landes avaient atteint la métropole lyonnaise.
Ce phénomène impressionnant pourrait-il se reproduire dans les prochains jours ? Et représente-t-il un danger pour la santé ?
La carte réagit immédiatement à chaque choix.
Simulation pédagogique : elle suppose un vent constant et ne tient pas compte du relief, des précipitations, de l’altitude ni de la concentration des fumées.
Les fumées ont bien traversé la France jusqu’à Lyon
Il ne s’agissait ni d’une rumeur ni d’un feu caché dans les monts du Lyonnais. Des vents orientés de l’ouest vers l’est ont transporté les fumées jusqu’en Auvergne-Rhône-Alpes.
Selon Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de signalements ont été effectués dans le Rhône. Des habitants ont notamment rapporté une odeur persistante de brûlé.
Samedi 25 juillet, le seuil d’information de 50 µg/m³ de particules PM10 a été franchi dans l’ouest de la région. Le seuil d’alerte de 80 µg/m³ a même été dépassé localement. Les niveaux ont ensuite diminué et la vigilance pollution dans le Rhône a été levée lundi matin.
Le nuage peut-il revenir sur Lyon ?
La trajectoire d’un panache dépend de la direction du vent, de sa vitesse, de l’altitude des fumées et de la stabilité de l’atmosphère. Un changement de vent peut donc éloigner le nuage ou, au contraire, le ramener vers la vallée du Rhône.
Mardi 28 juillet au matin, Atmo Nouvelle-Aquitaine indiquait que le panache principal était orienté vers le littoral atlantique. Le risque d’un nouvel apport massif sur Lyon semble donc temporairement réduit.
Des particules résiduelles peuvent néanmoins rester présentes. Atmo prévoit une qualité de l’air dégradée, voire localement mauvaise, principalement en raison de l’ozone favorisé par la chaleur et l’ensoleillement.
Pourquoi ces fumées sont-elles préoccupantes ?
La fumée d’un feu de forêt ne contient pas uniquement du carbone visible. Elle transporte des particules fines et ultrafines, du monoxyde de carbone, des oxydes d’azote, du benzène et différents composés organiques.
D’après l’Anses, environ 80 % des particules produites par les feux de végétation sont des particules fines. Leur petite taille leur permet de pénétrer profondément dans les voies respiratoires.
Une exposition peut provoquer une irritation des yeux, de la gorge, une toux, un essoufflement ou des maux de tête. Les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes ainsi que les personnes asthmatiques ou souffrant de maladies cardiaques sont les plus vulnérables.
Que faire si l’odeur de brûlé revient ?
En cas de nouvel épisode, consultez les cartes d’Atmo et évitez les activités sportives intenses à l’extérieur. Fermez temporairement les fenêtres si une fumée importante ou une forte odeur est présente, puis aérez lorsque la qualité de l’air s’améliore.
Un masque FFP2 ou FFP3 peut réduire l’inhalation de certaines particules, mais il ne protège pas contre tous les gaz contenus dans la fumée. En cas de gêne respiratoire inhabituelle, contactez un professionnel de santé.
Ces fumées arrivées jusqu’à Lyon montrent surtout qu’un incendie majeur ne reste plus un problème local. Portées par les vents, ses conséquences peuvent traverser la France et toucher une ville située très loin des flammes.
Avez-vous ressenti une odeur de brûlé à Lyon ou dans le Rhône ? Partagez votre commune et vos observations en commentaire.
